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30.03.2017

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Connaissez-vous le rôle d’un « Pétaf » ?

Entrainement avant les OPEX

Sur le bord du tarmac, des aviateurs mécaniciens armement bord, scrutent l’horizon pour détecter l’apparition des premiers aéronefs. Le chef d’équipe rassemble son personnel avant le retour des Mirage 2000 D sur la piste de la base aérienne de Solenzara, en Corse. Leur mission : désarmer les avions, diagnostiquer les pannes éventuelles puis remettre les appareils en ligne de vol pour la vague suivante. Surnommés « pétafs » (diminutif de pétafeux) dans le jargon aéronautique, ces armuriers du ciel sont les acteurs principaux des campagnes de tir.

Pour les jeunes, l’intensité du travail lors de ces exercices est favorable à un apprentissage efficace. Ils sont rapidement plongés dans le feu de l’action. « Pendant plusieurs jours, le rythme est effréné, nous opérons sur de larges plages horaires, explique l’adjudant Sylvain, armurier sur Rafale à l’ESTA de la base aérienne de Saint-Dizier. Nous sommes sur les aéronefs tôt le matin et tard le soir. Les mécaniciens en formation et les plus expérimentés disposent de l’éventail des actions qu’ils auront à réaliser le jour J en opérations. »

Ces périodes intenses d’entraînement sont indispensables pour préparer les unités aux opérations sur les théâtres extérieurs (OPEX). « Qu’il s’agisse de bombes d’exercice ou de bombes BDG (bonnes de guerre), nous restons particulièrement vigilants sur l’environnement ainsi que sur la sécurité aérienne et des personnes » détaille le sergent Julien. Nous restons particulièrement vigilants sur l’environnement ainsi que sur la sécurité aérienne et des personnes. » Les pétafs sont fortement sollicités lors des missions d’intervention immédiate de l’armée de l’air.

 

Missions variées au profit des escadrons aéronautiques

Cette facette du métier est la plus connue du grand public. « Monter des bombes ou des missiles, approvisionner les canons… C’est la finalité de notre spécialité ! », assurent certains. Il s’agit en effet de l’image que l’on se fait généralement du mécanicien armement au sein de l’armée de l’air. Cependant, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Cette spécialité est vaste et rassemble un champ d’application important. En évolution constante, la fiche de poste de ce technicien le plonge dans un domaine de plus en plus moderne, notamment sur des aéronefs comme le Rafale ou le Caracal.

Ce spécialiste est également l’expert du matériel de sauvetage et de survie sur tous les aéronefs. En effet, il assure l’entretien, le suivi et le contrôle des sièges éjectables, des parachutes, des gilets de sauvetage ou des fusées éclairantes. Sur le Super Puma, l’armurier effectue quotidiennement des vérifications au niveau du treuil et également des gonfleurs de sécurité en cas d’amerrissage forcé. Concernant les avions de chasse, de l’Alphajet au Rafale en passant par le Mirage 2000, il s’assure du bon fonctionnement de la chaîne pyrotechnique complexe qui régit le fonctionnement du siège éjectable.

 

Dépôt munitions et armureries

Chargé de la mise en œuvre, de l’entretien et de la remise en état des armements, conventionnels ou nucléaires, le technicien armement assure également le suivi technique des munitions et explosifs. Affectés dans des dépôts de munitions, les armuriers gèrent, stockent et assurent le contrôle de ce type de matériel soumis à des règles de sécurité très strictes.

Sur les bases aériennes, des armuriers sont aussi responsables de l’armement « sol ». Officiant au sein des armureries « base », ils ont en compte tout le matériel armement de la base aérienne. Ils réalisent les opérations d’entretien du deuxième niveau d’intervention technique. À titre d’indication, les armureries « base » ont en général un effectif de 3 ou 4 spécialistes. Cependant, sur des bases aériennes comme celles de Dijon ou d’Orléans, l’effectif en personnel est d’une dizaine d’aviateurs. Avec des unités comme les escadrons de protection, ou comme les commandos parachutistes de l’air (CPA), le besoin en armuriers est plus important sur certaines bases. Ils ont en charge une large gamme d’armement, allant du classique au spécifique.

Passionnés, les pétafs d’Orléans ont la chance de travailler sur des armes qu’ils sont les seuls à détenir. Ils en acquièrent la compétence grâce aux stages de formation chez les industriels. De plus, ils peuvent être déployés lors de campagnes de tirs des commandos des forces spéciales. Dès la sortie d’école, les pétafs ont un vaste choix de métiers pour une seule et même spécialité. Néanmoins, quelle que soit leur affectation, tradition et cohésion demeurent !

 

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