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03.11.2016

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Interview de Julie et Yoann – contrôleurs aériens

Nous avons rencontré les Sergents Julie et Yoann, contrôleurs des opérations aériennes au Centre de détection et de contrôle (CDC) de Cinq-Mars-la-Pile, l’une des trois stations radar du dispositif de défense aérienne français. Ils reviennent pour vous sur leur parcours et leur métier au quotidien.

Yoann : En CDC, notre métier consiste à assurer la posture permanente de sûreté (PPS) aérienne pour garantir la souveraineté de l’espace aérien national. Nous contrôlons et assistons les pilotes de l’armée de l’air en mission ou à l’entraînement.

Julie : Mais notre mission ne se limite pas à cela. Dans le cadre de la PPS, nous sommes amenés à participer à la surveillance aérienne générale (SAG) en identifiant et classifiant tous les aéronefs évoluant au-dessus du territoire national à l’instant « T ». C’est un véritable travail de fourmis, il ne faut rien laisser passer. C’est la condition pour une sûreté infaillible.

Yoann : Aussi, il faut savoir que le métier de contrôleurs des opérations aériennes comprend deux branches distinctes : le contrôle de défense aérienne et le contrôle « en route ». Le contrôle en route consiste à amener un avion d’un point A à un point B. Il nécessite une formation distincte.

Julie : Aussi loin que je me souvienne, le monde de l’aéronautique m’a toujours fait rêver. C’est ce qui m’a poussé à m’intéresser au contrôle aérien. J’aime les responsabilités et la rigueur. J’en ai donc conclu que c’était pour moi le métier idéal. Alors, je me suis rendue dans le bureau Air près de chez moi à 18 ans avec un bac ES en poche et une année de mise à niveau scientifique.

Yoann : Mon expérience a été très différente. J’ai fait des études de commerce et à la fin de mon cursus, je me suis rendu compte que le métier auquel je me destinais ne me correspondait pas du tout. Ce n’est qu’à 24 ans que j’ai poussé la porte du CIRFA de ma ville. Il était temps ! A quelques mois près, c’était fichu pour moi. J’avais pensé à une carrière dans l’armée à plusieurs reprises durant ma jeunesse et puis un jour, c’est devenu quelque chose d’évident. Le conseiller en recrutement m’a fait découvrir tous les métiers que je pouvais faire, et puis, concours de circonstances, dans cette période, je suis tombé sur un reportage qui s’appelait « Un jour, une mission » sur W9. Il parlait du métier de contrôleur aérien. Ça a été le déclic.

Julie : Ce qui me plait dans ce métier, ce sont les grandes responsabilités qui nous sont confiées et bien sûr, le contact avec les avions. Nous sommes totalement immergés au cœur des opérations aériennes. Au sein de l’OTAN, la surveillance et le contrôle du ciel tiennent une place prépondérante.

Yoann : Même chose pour moi. Ce qui m’intéresse, c’est d’être au service des pilotes et de tous ceux qui empruntent la voie des airs, ça a du sens. En revanche, il faut savoir que la formation est très longue pour pouvoir travailler en CDC. Après la formation reçue au CICDA, il faut compter deux ans de pratique au minimum avant d’être breveté.

Julie : Le temps de formation en CDC dépend de la nature des missions auxquelles on a eu l’occasion de participer. Plus on est confronté à des cas de figures différents et plus ça va vite. Le travail en CDC nécessite d’être polyvalent et de ne pas se reposer sur ses acquis. C’est pourquoi, même après avoir été breveté, la formation tient une place importante. Elle ponctue tout le long d’une carrière. En revanche, la formation des contrôleurs « en route » est beaucoup plus courte. Huit à dix mois d’expérience en unité suffisent pour être breveté.

Yoann : En plus des qualifications propres au travail en CDC, si un contrôleur veut pouvoir prendre part à des opérations telles que Barkhane par exemple, il doit posséder des qualifications spécifiques. Idem pour le travail de contrôleur sur AWACS qui est très prisé par les contrôleurs.

Julie : Le métier de contrôleur aérien est effectivement très vaste. De nombreuses tâches gravitent autour du contrôle et de la surveillance. Il faut donc apprécier la polyvalence, être patient et aimer apprendre surtout.