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08.12.2016

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L’Equipe cynotechnique – un tandem sur tous les fronts

Les équipes cynotechniques de l’armée de l’air ont un panel de missions très complet, en fonction de leur affectation dans un escadron de protection ou dans l’un des trois commandos parachutistes de l’air. Composé d’un aviateur et d’un chien, ce tandem suit une formation et un entraînement rigoureux avec un mot d’ordre : toujours prêt pour l’intervention.

Assis aux pieds de son maître, le berger malinois est aux aguets, tous les sens en éveil. Le sergent-chef David, maître-chien au commando parachutiste de l’air n° 10 (CPA 10), vérifie les fixations du harnais de son chien. Tout est prêt. Lourdement équipé, un groupe CTLO (contre-terrorisme et libération d’otages) du CPA10 embarque dans un Caracal de l’escadron d’hélicoptères 1/67 « Pyrénées ». Bénéficiant régulièrement de ce type d’entraînement, le chien ne montre aucun signe de nervosité quand l’appareil décolle. Après quelques minutes de vol, le Caracal arrive sur la zone d’entraînement pour l’aérocordage. Accroché à son harnais, le chien est mis à terre. Les commandos, quant à eux, descendent en corde lisse. À peine au sol, le groupe se réarticule de façon à couvrir toutes les zones de menaces. Le chien retrouve immédiatement ses réflexes d’éclaireur.

« Au CPA10, près de 95 % de notre entraînement se fait avec les groupes action, explique le sergent-chef David. Je dois m’assurer que le chien a un volume de travail nécessaire avec l’équipe. Il doit être parfaitement opérationnel avant d’être engagé. »

Les unités combattantes de la brigade aérienne des forces de sécurité et d’intervention (BAFSI) représentent 17 escadrons de protection (EP) et 3 commandos parachutistes de l’air (CPA). Ces derniers mettent en œuvre près de 500 chiens militaires, principalement des bergers belges, des malinois et des bergers allemands. Avec

15 % de femmes militaires techniciens de l’air (MTA) maîtres-chiens, c’est le domaine le plus féminisé de la BAFSI. Les équipes cynotechniques de l’armée de l’air sont un élément indispensable de la capacité de protection-défense. Il s’agit principalement de la dissuasion par la présence, de la détection et de l’intervention non létale.

Le centre de préparation opérationnelle du combattant de l’armée de l’air (CPOCAA) est chargé de la formation. Après la délivrance du brevet militaire de maître-chien de l’air, le CPOCAA forme des cynotechniciens performants en mesure de générer les capacités requises dans de nombreux secteurs d’activité de la spécialité (patrouille, pistage, appui à la recherche et à la détection d’explosifs (ARDE), homme d’attaque). « L’emploi permanent au sein de groupes de protection et d’intervention en métropole comme en opérations extérieures, et le fait qu’un maître-chien est avant tout un combattant à part entière démontrent toute l’importance pour lui de posséder un solide socle de connaissances, précise le major Thierry, instructeur au CPOCAA. C’est pourquoi ils suivent un parcours de formation professionnelle complet similaire à celui des fusiliers de l’air et des commandos parachutistes de l’air. »

Les missions varient en fonction de l’affectation des équipes cynotechniques. « Nous sommes à la fois commandos et maîtres-chiens. Nous devons maintenir une bonne condition physique, explique l’adjudant Cédric de l’escadron de protection de Lyon. Le travail en escadron de protection est parfois difficile et exigeant, mais nous sommes passionnés. » En EP, les chiens sont entraînés en fonction de leur spécialité. Les chiens de pistage sont capables de détecter un intrus à plus de 300 mètres de distance, permettant ainsi la fouille des zones les plus étendues des bases aériennes. Il est en mesure d’intervenir et de neutraliser un individu sur ordre ou à son initiative dans le cadre de la légitime défense. Leur plus gros impact reste psychologique. En effet, leur intervention, jamais létale, permet une gradation dans la riposte. Les chiens ARDE assurent, grâce à un odorat développé, la détection de produits explosifs dissimulés. En cette période de fort risque terroriste, l’équipe ARDE constitue une capacité concourant aux opérations de fouilles sur le territoire national dans le cadre du plan Vigipirate ou en opérations extérieures, notamment au profit de la force Barkhane. Au sein des trois CPA, les chiens ont une spécificité Air : le double emploi (mordant-ARDE). Polyvalents, ils offrent une réelle souplesse d’utilisation. « Tout cela demande un volume d’entraînement conséquent et une sélection méticuleuse du chien, explique le maître-chien du CPA10. Nos chiens doivent être sociables. Quand il intervient en combat en milieu clos, un chien doit pouvoir évoluer au milieu d’hommes armés. Nous misons sur sa rusticité et développons une certaine prise d’initiative chez l’animal. Il est employé sur tous les vecteurs. Chez nous, là où le commando passe, le chien passe ! »

 

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