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10.11.2016

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Opérateur de prévention du péril animalier – FOCUS

Sur piste de la base aérienne 107 de Villacoublay. Bien avant le début de l’activité aérienne, un Land Rover blanc circule sur la plateforme aéronautique. Le 4x4 longe la piste puis s’arrête. Le passager descend portant sur son poing ganté un faucon pèlerin. Le fauconnier enlève le chaperon, pièce de cuir masquant les yeux du rapace, et le laisse s’adapter à son environnement. L’oiseau prend son envol et décrit de larges cercles en planant au-dessus de l’ensemble de la plateforme. Les oiseaux gêneurs ressentent la présence du prédateur au-dessus. Leur instinct de survie les pousse à rester tétanisés au sol afin d’éviter l’attaque. C’est maintenant au tour du fauconnier et de son aide d’intervenir. À bord du véhicule, ils se rapprochent pour faire dégager les oiseaux. Cette manœuvre déclenche aussitôt l’attaque de l’oiseau de proie. Il repère sa cible puis plonge en piqué. En quelques secondes, il passe de l’état d’oiseau de chair et de plumes à celui de projectile déchirant l’espace aérien dans un sifflement impressionnant. Les ailes repliées contre lui, il atteint des vitesses vertigineuses de l’ordre de 350 km/h. Arrivé sur sa cible, il la « buffette » (la frappe au passage d’un coup de ses serres tendues). La violence du choc étourdit ou tue la proie en plein vol. Sa chasse effectuée, le faucon revient sur le poing de son dresseur. Qu’elle aboutisse à une prise ou pas, l’attaque a un effet dissuasif particulièrement efficace sur les populations aviaires. Tous les oiseaux évoluant dans un rayon de plusieurs kilomètres sont effarouchés et s’éloignent.

La Section de prévention du péril animalier (SPPA) de Villacoublay est composée d’un fauconnier (personnel civil) et de quatre militaires techniciens de l’air (MTA) aides fauconniers. Ensemble, ils  entretiennent quatre oiseaux (faucons pèlerins et buses de Harris). L’art ancestral de la fauconnerie est avant tout une passion. Le caporal-chef Raphaël fait partie des quatre assistants fauconniers de la base aérienne. Quotidiennement, week-end compris, il est aux petits soins pour les précieux chasseurs. « Tous les jours, nous pesons les oiseaux. Le poids nous permet de connaître leur état de santé. Cela se joue à quelques dizaines de grammes près. », confie-t-il.

La relation fauconnier/rapace n’est pas basée sur l’affectif. « Le seul lien qui les unit à nous est la nourriture, Ils doivent conserver leur instinct sauvage. Nous les habituons à l’homme et à l’environnement aéronautique mais ils ne sont pas domestiqués », souligne Raphaël.

D’autres moyens d’effarouchement sont également utilisés par les SAPP sur l’ensemble des bases aériennes. À Villacoublay, l’unité est dotée de moyens acoustiques (haut-parleurs diffusant des cris de détresse d’oiseaux), de procédés pyrotechniques (fusées crépitantes) par exemple. Ces moyens sont complémentaires mais le rapace, prédateur naturel, demeure le moyen le plus efficace pour lutter contre le péril aviaire.

 

Plus d’infos sur le métier d’opérateur de prévention du péril animalier

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