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24.11.2016

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Rencontre avec des mécaniciens avions

Le Sergent Loïc est mécanicien avionique. Les sergents Vickie et Jérémy sont techniciens de maintenance vecteur et moteur . Tous travaillent au sein de l’escadron de chargé de la mise en œuvre, de l’entretien et de la réparation des Alphajet de l’Ecole de l’aviation de chasse de l’armée de l’air. Leurs spécialités sont différentes, leur travail est complémentaire. Ils reviennent pour vous sur leur parcours et évoquent la passion qu’ils vouent à leur métier.

Loïc : En tant qu’opérateur avionique, je gère tout ce qui concerne le système de navigation de l’Alphajet : les parties électriques, électroniques, radio, la plupart des instruments de bord, le câblage de l’avion par exemple. Le domaine est très vaste, mais je m’appuie sur des procédures très précises de vérifications et de dépannage.

Vickie : Jérémy et moi sommes techniciens de maintenance vecteur et moteur, mais également « pistards ». Notre travail consiste principalement à vérifier chaque matin sur piste, avant le décollage, le bon fonctionnement de toute la partie mécanique de l’Alphajet. L’appareil est déjà passé entre les mains de nos collègues la veille, mais cette ultime vérification est importante.

Jérémy : Et en tant que « pistards », nous portons également une attention particulière à la structure métallique de l’appareil. Nous scrutons la moindre vis, les éventuels impacts d’oiseau dans la voilure, relevant du domaine des « mécaniciens structures ». Nous sommes vraiment le dernier œil permettant au pilote d’effectuer sa mission en toute confiance. Nous guidons ensuite le pilote sur la piste. Nous sommes la dernière personne qu’il voit en décollant et la première qu’il voit à son retour de mission.

Loïc : Si Jérémy et moi n’avons pas la même spécialité, on a pourtant à peu près le même parcours. On rêvait tous les deux d’être pilote alors on a passé les épreuves de sélection pour ça, mais sans succès. Le fait de rentrer dans l’armée l’air comme mécanos était le moyen pour nous de rester au contact des avions. J’ai choisi de travailler sur Alphajet pour espérer un jour devenir mécanicien de la Patrouille de France. Pour le choix de la spécialité « avionique », c’est en raison de mon goût plus prononcé pour l’électronique que pour la mécanique.

Jérémy : Mon parcours est à peu près le même, sauf que mon goût pour la mécanique l’a emporté !

Vickie : Pour moi, c’est assez différent. J’ai eu la vocation très tôt d’entrer dans l’armée de l’air. Mon père était mécanicien avion dans l’armée de l’air et m’a communiqué sa passion. Alors, je me suis engagée à l’âge de 16 ans comme « arpète » (apprenti) à l’Ecole d’enseignement technique de l’armée de l’air, à Saintes. Une fois mon bac « génie mécanique » (STI2D SIN) en poche, je suis entrée à l’Ecole de formation des sous-officiers (EFSOAA) à Rochefort. Mon parcours d’arpète m’offrait la possibilité de choisir entre une vingtaine de spécialités différentes. J’ai hésité un moment entre le métier de contrôleur aérien, certainement parce que dans mon esprit, la mécanique était plutôt un métier d’homme. Mais j’ai fini par dépasser cet a priori. Mon envie d’être au contact direct avec les machines l’a emporté.

Jérémy : Au début de la formation professionnelle, nous avons une partie commune. Nous nous spécialisons par la suite. Nous étudions à Rochefort pendant près d’un an. La formation est intense et particulièrement exigeante, ce qui est logique. Lorsqu’on confie un avion à un pilote, la moindre erreur ou négligence peut être fatale. On ne doit rien laisser passer et ça s’apprend dès les premiers jours de formation.

Loïc : En revanche, avec de la détermination et du travail, c’est loin d’être inaccessible. Il ne faut simplement pas se décourager. Et puis, il y a beaucoup d’entraide, une cohésion déjà très forte en école. Ça nous permet de surmonter toutes les difficultés. Du coup, ce sont les moments les plus difficiles qui laissent les meilleurs souvenirs, car ce sont aussi les moments de partages les plus forts.

Vickie : Après notre formation, on rejoint notre unité d’affectation et on apprend tous les rouages du métier pendant notre période de parrainage. Elle peut aller de 6 mois à 1 an, le temps nécessaire selon les dispositions de chacun pour acquérir une totale autonomie. Ça nous permet de prendre peu à peu confiance en notre savoir-faire.

Jérémy : Parmi les bons souvenirs de la période de formation, il y a également l’expérience du planeur à Saintes. Pour des passionnés d’aéronautique comme nous, c’est un moment particulièrement fort. De quoi redonner du courage à ceux qui en manqueraient.

Loïc : Pour ma part, mon meilleur souvenir dans l’armée de l’air date du mois dernier ! J’ai eu la chance de voler sur Alphajet. Je ne suis pas près d’oublier ce moment. Les sensations sont vraiment extraordinaires et je me sens privilégié. Nous sommes peu à pouvoir connaître une chose pareille. C’est en plein vol, le dos collé au siège et les yeux grands ouverts sur la beauté des paysages vus d’en haut, que l’on perçoit de façon très concrète la finalité et la portée de notre travail.

Jérémy : Vickie et moi attendons notre tour avec impatience ! Ça permet en plus un échange de culture avec les pilotes.

Vickie : Oui, en tant que pistard, la relation mécano-pilote est primordiale. Des heures passées à scruter une machine ne remplaceront jamais quelques minutes de débriefing avec le pilote. Un échange de quelques minutes nous fait généralement gagner des heures de travail.

Jérémy : Oui, la machine ne peut pas nous dire où elle a mal. Le pilote, lui, le peut.

Loïc : Aux personnes intéressées par ce métier mais qui hésitent parce qu’elles ne connaissent rien au domaine, je dirais qu’elles ne doivent pas s’arrêter à ça. Il n’est pas obligatoire d’avoir des connaissances pointues en mécanique ou en aéronautique. Jérémy et moi sommes entrés juste avec notre bac S. Nous sommes en quelque sorte partis de zéro ou presque !

Jérémy : On se faisait forcément une idée du métier, mais personnellement la réalité correspond assez bien à ce que je pensais trouver en choisissant cette voie.

Vickie : Et même en mieux ! Le plus de ce métier, c’est la très forte cohésion qui existe entre nous tous. Au-delà de l’expérience professionnelle, l’expérience humaine est sans équivalent dans le mode professionnel civil.

Renseignements auprès du bureau Air de votre CIRFA

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