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03.05.2017

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Un vol à flanc de montagne

Du 18 au 21 avril 2017, deux équipages de C160 Transall se sont entraînés au vol de montagne dans les Alpes françaises. Immersion.

Haute altitude, reliefs marqués, aérologie capricieuse : la montagne est un des environnements les plus exigeants sur le plan du pilotage. Un exercice difficile qui nécessite des savoir-faire précis. C'est pourquoi tous les pilotes de transport y sont sensibilisés, à l'image de l'aspirant Jérémie, co-pilote à l'escadron de transport 1/64 «Béarn». L'objectif est d'apprivoiser ce milieu aussi beau que dangereux.

Chaque année, cinq sessions de vol de montagne sont organisées par le centre d'instruction des équipages de transport (CIET). Une formation labellisante pour les pilotes qualifiés comme la seconde stagiaire, le capitaine Anna, instructeur à l'escadrille d'instruction et d'entraînement Transall d'Évreux. Durant ce stage, ils ont été encadrés par deux aviateurs du CIET, le capitaine Raphaël, instructeur, et le capitaine Olivier, réserviste opérationnel et fin connaisseur de la haute montagne, qui les ont emmenés dans les Alpes pour un entraînement de haut vol.

Une mission qui ne s'improvise pas. Pour la mener à bien, une longue préparation au sol est nécessaire. Passage obligé : un cours théorique sur les spécificités du pilotage en montagne, avec ses avantages et ses inconvénients. Les conditions météorologiques et les difficultés propres à ces espaces sont particulièrement détaillées. Une fois cette première phase d'instruction terminée, l'équipage se lance dans la préparation. Le maître-mot : anticipation.

Les yeux rivés sur les cartes aéronautiques, l'équipage élabore minutieusement le profil général de la mission. «C'est important que les pilotes, le navigateur et le mécanicien navigant participent ensemble à ce travail préparatoire, explique le capitaine Olivier. Chacun doit apporter sa pierre à l'édifice afin d'atteindre les objectifs fixés.» Calculer la trajectoire, veiller à ne pas s'engager dans une vallée sans être certain de pouvoir faire demi-tour, prévoir d'éventuels dangers (câbles à haute tension, pylônes, autres aéronefs), anticiper les réactions dans le cas de la perte d'un moteur, étudier la météo, sont autant d'éléments qu'ils ont dû prendre en compte. «Le cerveau doit toujours être plusieurs nautiques devant l'avion», indique l'officier de réserve.

 

L'heure de la pratique a sonné. Au départ de Grenoble, l'avion décolle en direction du massif alpin. Quelques minutes de vol à peine et les montagnes se dressent déjà de part et d'autre du Transall. Malgré son envergure, le C160 se faufile habilement dans les vallées, effleurant les crêtes enneigées. À perte de vue, une étendue crevassée. Beauté fascinante. Mais ces paysages ne doivent pas faire oublier les dangers que cache le milieu. Les turbulences qui frappent de temps à autre le transporteur en sont la preuve.

Concentration maximum dans le cockpit où chaque membre d'équipage joue un rôle essentiel dans l'accomplissement de la mission. Tandis que l'un est responsable de la trajectoire de l'appareil, l'autre joue le rôle de guide, un autre encore exerce le suivi opérationnel du vol. Entre le pilote, le navigateur et le mécanicien navigant, le dialogue est permanent. Le pilote instructeur situé en place gauche les conseille et leur transmet son expertise.

Après 2h passées au-dessus des cimes, retour sur la terre ferme. Les deux stagiaires repartent de cette formation des rêves de montagne plein la tête et prêts pour leurs prochaines missions.

 

 

Lien fiche métier pilote transport